
Sept millions de pneus sortent chaque année de Roclincourt. Voilà le chiffre qui résume toute la puissance, et la pression, qui s’exerce sur ce site industriel du Pas-de-Calais, vitrine française du savoir-faire Kleber depuis son passage sous pavillon Michelin en 1981. Près de 900 salariés, une cadence qui ne faiblit pas, et la France qui continue d’écrire sa propre partition dans l’univers du pneumatique.
Lorsque Michelin reprend Kleber, tout début 80, il ne s’agit pas seulement d’acquérir une marque de plus. Le groupe vise clairement l’influence, désire peser à l’échelle européenne face à des rivaux qui ne lui laissent aucun répit. Petit à petit, Roclincourt devient le cœur battant de la marque. Les modes de production changent, l’organisation évolue : ici, aucune décision n’est anodine, chaque orientation dessine un paysage industriel et social nouveau.
Michelin et Kleber : deux noms, une ambition pour la France
Quarante ans que Michelin insuffle son style à la fabrication du pneu français. Depuis la reprise, la recherche et la fabrication des pneus restent un enjeu de territoire, pas un simple argument marketing. Derrière les murs de l’usine de fabrication des pneus Kleber, c’est toute la mécanique industrielle qui est à l’œuvre.
Opérateurs comme ingénieurs perfectionnent au quotidien procédés et gestes. Du mélange des gommes à l’assemblage, l’exigence de qualité irrigue chaque étape, portée par des savoir-faire hérités et les avancées de la recherche maison. Ici, compétitivité rime avec innovation technique et adaptation continue.
Pousser les portes du site, c’est toucher du doigt une réalité collective : défendre le « made in France » des pneus Kleber, sans trahir l’esprit de la marque, tout en affrontant la rude compétition européenne. Les investissements dans les machines, la formation du personnel et la recherche garantissent à Roclincourt sa place sur la scène industrielle du continent.
Ce qui se cache derrière la fiabilité des pneus Kleber
Derrière chaque pneu, une succession d’étapes maîtrisées et de lieux stratégiques. Tout est question de précision, d’anticipation et d’exigence. Pour comprendre le cœur du process, il suffit de parcourir ces points clés :
- Laboratoire d’analyses, où la résistance, l’adhérence et la longévité sont testées dans les conditions les plus exigeantes
- Atelier du pneu radial, zone emblématique du site, là où l’histoire de Kleber s’est forgée sur l’innovation
- Lignes d’assemblage automatisées, qui alimentent sans relâche le marché européen
Chaque année, la direction investit pour moderniser et renforcer l’outil de production. Cela passe aussi par la formation continue des équipes, qui gardent un œil aiguisé sur les modifications de standards internationaux. À Roclincourt, la qualité ne se négocie pas. Sécurité et fiabilité restent au centre pour que chaque conducteur retrouve sur sa voiture ce qui fait la réputation de Kleber.
Face aux défis, une usine qui refuse les compromis
Le secteur du pneumatique n’échappe pas aux turbulences économiques. Michelin doit revisiter en permanence son organisation pour garder l’avantage : là où la concurrence met la pression, chaque choix compte. Les réorganisations, parfois jusqu’aux suppressions de postes, soulèvent leur lot de tensions et de débats, jusque devant les tribunaux, la cour d’appel scrutant chaque décision.
Pour rester debout, il s’agit d’investir lourdement, moderniser sans cesse, maintenir la qualité et préserver le tissu industriel local. Ce fragile équilibre repose aussi sur la transmission des compétences et sur la capacité à dialoguer avec les équipes. L’industrie du pneumatique pèse des milliards, mais dans l’ombre des chiffres, il y a l’humain, les territoires et tout un savoir-faire à défendre.
Roclincourt avance sur cette ligne de crête : chaque progrès technique, chaque adaptation sociale dessine le futur d’une filière en mutation. Le manufacturier reste fidèle à sa philosophie : pas de compromis sur la qualité, ni sur l’ancrage local. Ce sont les pneus, solides et prêts à avaler l’asphalte, qui tracent le chemin du groupe pour les années à venir.
